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21/03/2020

Sabryna Keller "Mettre son nom au service des autres"


Toute l’Alsace et même au-delà de nos contrées, vibre au doux nom des Keller.
Lui, Marc Keller président du Racing Club de Strasbourg, qui avec son équipe a ramené la coupe de la Ligue le 30 mars 2019. Elle, Sabryna Keller, présidente et fondatrice de l’Association « Femmes de Foot ». Un couple chic, un duo de choc, aussi humble que médiatique, aussi modeste que charismatique, mettant leur nom et leurs compétences au service d’un sport, d’une cause, en faveur des autres.
Portrait d'une femme d'initiative, qui vient de lancer un appel aux dons pour servir 50 repas / jour au personnel du SAMU 67 pendant un mois minimum, et qui cultive des liens forts avec les acteurs de la gastronomie.



« J’ai fondé l’association « Femmes de Foot » en 2017 avec pour vocation de féminiser les stades de foot. Les femmes sont une force vive pour un club en Ligue 1. Nous ne sommes pas onze mais des milliers, et dans ces milliers il y a aussi des femmes, c’est la raison pour laquelle j’ai créé Kop’In, la première tribune de France 100 % féminine avec 200 places assises ».
Lauréate de la Fondation Aquatique Show, pour son engagement et l’énergie déployée au rayonnement de l’Alsace, primée par la Ligue de Football professionnelle au titre de la meilleure « Expérience stade », elle est aussi couronnée par le prestigieux trophée Philippe Seguin du Fondaction de football.
« Ensemble, au-delà des soirs de matchs, nous menons des opérations caritatives et solidaires pour des causes majeures ; des enfants malades et la lutte contre le cancer du sein, pour lesquelles 200.000 euros ont déjà été récoltés. « Femmes de Foot » profite au maximum de la visibilité et de la popularité d’un sport et d’un club pour transmettre des valeurs fortes et d’entraide ».

L’équipe du « 11 de départ » avec Marc Haeberlin comme capitaine
L’équipe du « 11 de départ » avec Marc Haeberlin comme capitaine

L’équipe du « 11 de départ » avec Marc Haeberlin comme capitaine

Sport et gastronomie ont uni leur force au service de la lutte contre la maladie. Dans le cadre d’octobre rose 2018, Sabryna Keller a fait appel à la générosité de 11 restaurateurs en faveur de la lutte contre le cancer du sein. « Le 11 de départ », c’est une équipe footballistique historique et inédite de restaurateurs qui a accepté de soutenir « Femmes de Foot ».

Marc Haeberlin était ravi d’en être le capitaine. « J’ai été doublement heureux car papa (ndlr Paul Haeberlin) était un grand fan de foot et il aurait été fier de moi. Mais, surtout il aurait été heureux que le Racing remporte la coupe de la Ligue. Quand Sabryna nous l’a apportée à l’Auberge, toute la brigade était en liesse. Je me souviens que Papa appelait Marc Keller après chaque match pour avoir ses commentaires. Il quittait très peu Illhaeusern, sauf pour aller voir des matchs à St-Etienne, Marseille ou Lille et s’arrêter dès que possible chez son ami Paul Bocuse. »

Sabryna Keller en cuisine avec la brigade de l’Auberge de l’Ill et la coupe de la Ligue - ©S. Kauffer-Binz
Sabryna Keller en cuisine avec la brigade de l’Auberge de l’Ill et la coupe de la Ligue - ©S. Kauffer-Binz
« Le jour de la victoire, j’ai immédiatement pensé à mon capitaine des restaurateurs », sourit Sabryna, s’apprêtant à confier le lien fort de respect et d’amitié indéfectible, sincère et réciproque, qui unit ces deux personnalités.

Le 14 juin 2001, Sabryna et Marc Keller ont organisé le « jour le plus important de leur vie » : leur mariage, à l’Auberge de l’Ill.

C’est autour d’un album photos qu’ils se remémorent cette belle journée.

Bien installée à la table du chef en cuisine, Sabryna Keller sait déjà ce qu’elle va commander.

Elle dégage cette assurance singulière, cette force tranquille inhérente de celles et ceux qui éprouvent leur origine et filent droit vers leur avenir. Elle sait d’où elle vient et où elle va. D’une élégante sportivité, coupe courte et dynamique, tailleur cintré, talons de rigueur, ses déplacements atténuent bien les discussions et font virevolter les têtes. Son regard est franc, pétillant, son grand sourire étincelant, un peu de rouge à lèvres pour souligner ce blanc éclatant, Sabryna, estompe ses traits d’une beauté naturelle, sous un masque de responsabilités.

Retour sur son enfance, sa rencontre avec Marc Keller, l’importance de la famille, le respect des aînés, la générosité, le partage, la bienveillance et le sens de l’effort, des valeurs fortes inculquées par ses parents, aujourd’hui incarnées fondamentalement par l’association « Femmes de Foot ».

La trajectoire qui l’a conduite à la présidence de cette association est portée par une éducation mettant en exergue la valeur du travail, de l’altruisme et du respect.

La valeur du travail

D’une culture musulmane, Sabryna évoque le parcours de ses parents Malika et Mohamed, d’origine kabyle.
« Maman est arrivée en France à l’âge de 5 ans, mon grand-père avait un emploi à Mulhouse. Elle n’a pas pu suivre d’études, travaillant dès l’âge de 15 ans pour aider sa famille. Elle faisait le ménage dans une école de chimie et elle a réussi à devenir fonctionnaire. Quelle fierté pour elle, c’est synonyme d’intégration. Elle porte la France très haut dans son cœur et voue une admiration sans condition à Charles de Gaulle. J’ai grandi à Illzach près de Mulhouse et maman y habite encore, elle n’a jamais souhaité déménager. Je voulais devenir juge pour enfants, éducatrice ou assistante sociale », se souvient Sabryna. « J’ai toujours souhaité aider les plus démunis. J’ai de la chance de pouvoir m’accomplir aujourd’hui à la tête de l’association « Femmes de Foot ». Aider m’épanouit, c’est ma raison d’être. Plus jeune pour financer mes études de droit, j’avais un emploi de caissière dans un supermarché, c’est là que j’ai rencontré Marc, qui y faisait des courses », précise-t-elle.

Depuis 1996, son destin est lié à la carrière professionnelle de son époux, qui devient président du RCS (Racing Club de Strasbourg) en 2012. Pour Sabryna, la création de l’association « Femmes de Foot » est le fruit d’un cheminement de vie, d’une réflexion personnelle, d’un carrefour circonstanciel.

« Mes enfants sont grands à présent, Clara 17 ans, est lycéenne à Strasbourg, et Mehdi 21 ans poursuit son Master en Finances à Lille », mentionne Sabryna. «J’avais l’opportunité de fonder une association qui fasse écho et donne un sens à mes valeurs pour soutenir les causes qui me bouleversent. Je suis très sensible à la détresse. J’ai une empathie sincère pour les plus démunis socialement, financièrement ou victimes de maladies. J’ai eu de nombreux échanges avec Isabelle Haeberlin qui a fondé l’association E.P.I.C.E.S. J’ai beaucoup d’admiration pour son parcours et ses actions. Nous avons avec Isabelle, des trajectoires similaires. La cuisine ou le foot (le sport) sont des vecteurs fédérateurs d’intégration.

Sabryna Keller et Isabelle Haeberlin, deux présidentes qui mettent leurs noms au service des autres
Sabryna Keller et Isabelle Haeberlin, deux présidentes qui mettent leurs noms au service des autres
« Nous avons toutes les deux un nom que nous pouvons mettre au service des autres », reconnaît Isabelle Haeberlin. « Notre altruisme est viscéral, nous utilisons cette lumière pour ceux qui sont dans le besoin. Nous avons aussi des similarités dans nos parcours », poursuit- elle mentionnant leurs parents issus de l’immigration, qui pensaient qu’ils devaient travailler plus dur encore que les autres pour mériter leur intégration.

« J’ai beaucoup de respect pour la maman de Sabryna et pour l’éducation qu’elle lui a inculquée, dans la droiture et la dignité. Mère et fille dégagent cette intelligence émotionnelle. Ce sont des battantes et des combattantes ».

Sabryna et Marc Keller, le jour de leur mariage à L’Auberge de l’Ill
Sabryna et Marc Keller, le jour de leur mariage à L’Auberge de l’Ill
« Maman m’avait éduquée à l’émancipation », rajoute Sabryna, « À devenir une femme libre, indépendante, en cela je la remercie. Tout a pu se faire dans le compromis avec Marc, le rite du passage du henné pour la jeune mariée, l’échange des vœux à l’Église et l’Auberge de l’Ill pour réunir nos deux familles, nos deux cultures autour d’une belle table ».

« Je recherchais un établissement « familial » avec un sens de l’accueil inégalé. Madame Danielle, comme une seconde maman, s’est inquiétée chaque minute de savoir si tout allait bien. Elle est toujours aux petits soins, pour chacun. C’est une petite fée, enjouée, elle a tellement envie de faire plaisir, je sens beaucoup d’amour en elle pour les autres. Et si le jour de mon mariage fut aussi extraordinaire c’est grâce à elle. Si discrète, elle est indispensable et je lui ai fait totalement confiance. »

De G à D : Salomé Baumann-Lewandowski ; Sarah Francis Perinel, Maxime Muller, Danielle Haeberlin-Baumann, Marco Baumann, Edouard Baumann, Isabelle et Marc Haeberlin, Laetitia Haeberlin, Xavier et Anne-Sophie Muller - ©S. Kauffer-Binz
De G à D : Salomé Baumann-Lewandowski ; Sarah Francis Perinel, Maxime Muller, Danielle Haeberlin-Baumann, Marco Baumann, Edouard Baumann, Isabelle et Marc Haeberlin, Laetitia Haeberlin, Xavier et Anne-Sophie Muller - ©S. Kauffer-Binz

Le jour de leur mariage, l’histoire retiendra qu’une erreur s’était glissée sur son prénom, écrit avec i au lieu d’un y.

« La veille, ils avaient réussi à tout faire réimprimer. J’ai été sensible à leur implication et leur quête de la perfection. En effet, comment auraient-ils pu savoir pour mon orthographe ? Ce ne fut pas la volonté de mes parents, mais une erreur de l’État Civil », explique Sabryna. Le menu, entre ses mains, elle sourit.
C’est autour d’un album photos qu’ils se remémorent cette belle journée.
C’est autour d’un album photos qu’ils se remémorent cette belle journée.

« Quel beau souvenir ! Depuis les anniversaires et les fêtes de famille se sont célébrés à l’Auberge de l’Ill. Marc adore le saumon soufflé, moi j’ai une préférence pour le pigeon et pour le dessert, la pêche Haeberlin, fait toujours notre bonheur. »

« Je suis fascinée par le clan Haeberlin au sens noble du terme, soudé, valeureux et respectueux, je suis touchée par leur générosité. L’Auberge de l’Ill, est un refuge, nous y avons un réel lâcher-prise. C’est la maison du bonheur, il y a ce supplément d’âme auquel je suis très sensible, qui nous plonge, avec mon mari dans un sentiment de bien-être. On a l’impression de faire partie de leur famille, mais je pense que tous les clients partagent avec nous cette émotion ».
À l’auberge Sabryna Keller va choisir la « pêche Haeberlin » en dessert et son mari, le saumon soufflé «auberge de l’Ill ».
À l’auberge Sabryna Keller va choisir la « pêche Haeberlin » en dessert et son mari, le saumon soufflé «auberge de l’Ill ».

« Je suis en admiration devant leur carrière gastronomique qui contraste avec leur humilité, leur bonté et leur bienveillance, toujours disponibles et à l’écoute des autres. Je me souviens de Monsieur Jean-Pierre Haeberlin, si solaire, qui faisait éclater la beauté poétique de l’Auberge. Nous étions extrêmement honorés d’avoir été invités aux 50 ans des trois étoiles de l’Auberge de l’Ill et touchés par cette marque d’affection. »
Invités pour les 50 ans des 3 étoiles de l'auberge de l'Ill. Sur la photo Chrsitine Ferber et Pierre Hermé
Invités pour les 50 ans des 3 étoiles de l'auberge de l'Ill. Sur la photo Chrsitine Ferber et Pierre Hermé

Les Haeberlin : notre famille de cœur

« Le Racing et l’Auberge de l’Ill partagent cette fonction de faire rêver et susciter de l’émotion, chacun dans nos institutions, sportives ou gastronomiques. Il y a une attente très forte en contrepartie et de la passion. Je viens à l’Auberge de l’Ill comme d’autres iraient à un match. Je viens voir un spectacle, un jeu d’équipe, et surtout je me laisse porter par une ambiance. Je m’échappe d’un quotidien pour un lâcher-prise total en famille. Déconnectée, mais recentrée sur les valeurs familiales, fondamentales ».


Préparer un repas est un acte d’amour

« D’aussi loin que je m’en souvienne, chez nous, à la maison, le repas était toujours une fête, avec des mets riches et variés, des rires, de la joie, de la convivialité et des histoires racontées. Dans notre culture, préparer le repas est un acte d’amour. Mes parents ont toujours su recevoir, servant le couscous ou encore la chorba, (une soupe très goûteuse de vermicelles, de viandes et de légumes).

Je me rappelle la coriandre, la menthe et le cumin et j’adorai les tripes de ma grand-mère Titiss. Je tiens sans doute ma Madeleine de Proust de mes vacances en Algérie à Béjaïa. Mon grand-père faisait frire des sardines et cette odeur très forte me fait aujourd’hui penser à lui. C’est un plat qui m’apporte inévitablement beaucoup d’émotions. J’adore les sardines sous toutes leurs formes. »

L’accueil, la générosité, le savoir recevoir et le sens du partage, sont des valeurs que Sabryna porte en héritage.

« Aujourd’hui, c’est aussi un immense plaisir de réunir autour de nous, nos enfants, notre famille et nos amis, autour d’une belle table garnie.»

Par Sandrine Kauffer-Binz
Crédit photo ©I. Haaser sauf mention contraire


www.femmesdefoot.com

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