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23/05/2013

Opaba: Développer et promouvoir les produits bio


L'Opaba, le groupement des producteurs bio alsaciens était présent à la 32ème Foire Ecobio d’Alsace qui s’est déroulée au Parc Expo de Colmar du 8 au 12 mai 2013. Durant 5 jours de conférences, d’animations et d’ateliers pédagogiques, 
450 exposants, représentants toutes les filières d’activités, ont fait la démonstration de leur savoir-faire, portant avec vigueur leurs convictions et leur philosophie d’actions.

C’est la plus grande et la plus ancienne Foire Ecobio de France, organisée par une association bénévole. Initialement basée à Rouffach, elle s’est délocalisée pour répondre à des impératifs d’accessibilité et de logistique (navettes, parking, sécurité) et accueillir 35.000 visiteurs /5 jours. Sa volonté est de sensibiliser un large public à la protection de l’environnement, dans un esprit de respect et de solidarité entre les hommes. Sa finalité est de promouvoir les alternatives écologiques dans tous les domaines.



L'Opaba exposait à la Foire EcoBio d'Alsace à Colmar ©JulienBinz
L'Opaba exposait à la Foire EcoBio d'Alsace à Colmar ©JulienBinz
Créée en 1980, l'OPABA, l'Organisation Professionnelle de l'Agriculture Biologique en Alsace, est un syndicat professionnel, qui rassemble les agriculteurs biologiques et biodynamiques alsaciens. Participant chaque année à la Foire Ecobio d’Alsace, nous avons rencontré le président Dany SCHMIDT, également maraîcher à la Ferme Pulvermühle à Volgelshiem (68), et la vice-présidente et trésorière de l’Opaba, Martine Becker, viticultrice à Zellenberg (68), Vins d’Alsace Becker. L’occasion de leur poser trois questions, qui interrogent sur les moyens pour inciter les consommateurs et les producteurs à s’engager dans la voie du bio et d'en devenir partie prenante.

Pourquoi vous êtes-vous personnellement engagés en bio ?

Dany SCHMIDT :"C’est une philosophie de vie et une conviction. Mes parents étaient précurseurs. Dès 1965, ils ont engagé la ferme dans la voie de l’agriculture biologique. Aujourd’hui, nous sommes 3 associés (avec ma femme et mon fils) et 12 salariés pour exploiter 80 hectares en bio: la moitié en légumes et l'autre en céréales, protéagineux, orges de brasserie, soja, luzerne, ou féverole pour la rotation.

J’ai rejoint l’OPABA il y a 25 ans et depuis une dizaine d’années, j'en suis le président, soucieux de poursuivre l’œuvre de mes précurseurs. On s’engage en Agriculture Biologique non pas, par appât du gain, mais par conviction. C'est aussi un métier enrichissant du point de vue personnel."

Martine BECKER: "Nous sommes vignerons de père en fils depuis 1610. Dès 1999, avec mes frères Jean-Philippe et Jean-François BECKER, nous avons converti les vignes familiales (17 Hectares, dont 4.42 Ha classés en Grand Cru) à la culture biologique. C’est Jean-Philippe qui nous a convaincus que "consommer bio c'est effectivement, voir plus loin parce que "Nous n'héritons pas de la terre de nos parents, nous l'empruntons à nos enfants", disait A. de St-Exupéry. Nous avons une responsabilité sur l’avenir.

Nous avons également rejoint l’Opaba en 1999. Aujourd'hui, je suis vice-présidente et je représente également tous les viticulteurs bio à" France Agrimer, établissement national des produits de l'agriculture et de la mer qui participe à la concertation au sein des filières agricoles.
De G à D Dany SCHMIDT, Cécile VIRIAT  et Martine BECKER ©JulienBinz
De G à D Dany SCHMIDT, Cécile VIRIAT et Martine BECKER ©JulienBinz

Comment convaincre les producteurs et les consommateurs d'adhérer au bio ?

Dany SCHMIDT ; "L’exploitant agricole va mesurer la rentabilité. Ce qui est certain c’est qu’en bio, nous ne sommes pas dans le même esprit de productivisme, mais dans une productivité de qualité. L’agriculture biologique peut être professionnelle et efficace, mais elle a des coûts de mains-d’œuvre plus élevée et des rendements plus faibles que ceux de l'agriculture conventionnelle, ce qui justifie son prix de vente supérieur (20 à 30%)

Ce tarif prend en considération le fait de produire local, "plus propre", générer des emplois et respecter l’environnement. C’est une production durable. Le consommateur ne peut pas nous demander de respecter son environnement proche, sans prendre ses responsabilités et accepter de payer le juste prix de cet engagement. Il a des demandes auprès des producteurs, il a aussi des devoirs de consommateur, celui d’être responsable, de consommer intelligemment, de ne pas acheter des produits hors-saison, qui ont, par ailleurs fait des milliers de kilomètres. "Consommer bio et local, c'est l'idéal".

Quant aux producteurs, il est souvent difficile de les convaincre d’adhérer surtout dans le contexte actuel. Il faut leur demander de sortir d’un système sécurisant, pour aller vers un système durable. Mais économiquement ça tient la route et surtout, nous apportons une réponse économique, sociale, environnementale et responsable".


Martine BECKER. "Le monde marche à l’envers, mais globalement les consommateurs en ont marre de la mal-bouffe. Regardez les cours de cuisine bio, qui chaque année attirent plus de monde. Les parents sont soucieux de l’avenir de leurs enfants. On remarque qu’ils viennent aujourd’hui en famille sur le salon EcoBio. Souvent leur première démarche est d’acheter le lait bio, puis les œufs, le fromage de chèvre, quelques légumes puis de décliner toute une gamme et enfin, ils ont envie de cultiver leur propre potager. Alors, ils viennent chercher ici des idées et des conseils pour bien faire et bien consommer. Et c’est là que nous avons un rôle à jouer. Et puis dans un contexte de crise, il faut veiller plus que jamais à ne pas gaspiller. Les consommateurs réfléchissent deux fois avant d’acheter. La troisième raison demeure la santé. Souvent, certains adhèrent après une maladie. On parle d’alicamentation, la prévention de la santé par l’alimentation. Bien se nourrir, c'est déjà prévenir !

La démarche bio est souvent progressive, mais se termine par une adhésion pleine et entière. À l’instar des vins bio, il remarque et apprécie la différence. Il y a moins de sécurité dans la production et plus d‘exigences. La vigne demande plus de soins, de présence et d’attention, d’observation aussi. Le vigneron doit prévenir la maladie parce qu’il a peu de moyen de la guérir et de rectifier en cave la vinification. Chez nous, au domaine Becker, tous nos vignobles sont traités selon le cahier de charge de la culture biologique et nos raisins sont délicatement vendangés à la main".
Anny  & Dany SCHMIDT, Ferme Pulvermühle à Volgelshiem ©JulienBinz
Anny & Dany SCHMIDT, Ferme Pulvermühle à Volgelshiem ©JulienBinz

Quels sont les leviers et les outils ?

Dany SCHMIDT : "Pour expliquer notre démarche et notre engagement, il faut être plus pédagogique et didactique. Concrètement par exemple, nous organisons des portes-ouvertes dans nos fermes pour inviter les consommateurs à visiter nos exploitations, rencontrer les agriculteurs et échanger sur nos méthodes de travail. Faire voir, faire découvrir, et faire goûter devient primordial. Participer à ce salon EcoBio est une opportunité pour diffuser nos convictions. C’est une belle vitrine pour les métiers de toutes les filières.
L’Opaba a aussi édité des supports de communication (flyer, dépliant, guide) parce qu'il faut faire comprendre au consommateur que son acte d’achat à une importance capitale pour l’avenir. L'adhésion s'effectuera par le biais de l’éducation et de la formation des futurs ouvriers et consommateurs, dans les écoles avec 20% de produits bio proposés dans les cantines scolaires et en restauration collective et hors domicile. C’est une grande avancée, vers la vulgarisation et l'accessibilité de l’A.B. possible grâce au Grenelle de l’environnement. Mais, c’est bien la valeur par l’exemple qui restera la plus convaincante".


Martine BECKER : "Si un producteur s’interroge et souhaite se convertir en bio, l’Opaba est présente pour répondre à toutes ses questions, l’aider, le conseiller et l’accompagner dans ses démarches. Au sein d'un Pôle conversion, en partenariat avec les Chambres d'Agriculture, les conseillers techniques de l'Opaba aide les agriculteurs intéressés par l'agriculture biologique à mieux connaître les enjeux de la conversion à ce mode de production. Grâce à un diagnostic de conversion lui permettant de mesurer le chemin à parcourir pour être certifié en agriculture biologique, l'agriculteur pourra prendre des décisions éclairées et pertinentes.

En Alsace, en vins bio, nous sommes en avance par rapport à d’autres régions (13,5% du vignoble conduit en bio) parce que nous avons une charte vinabio Alsace de l’Opaba, signée par une quarantaine d'adhérents qui vont encore plus loin que le minimum demandé pour la certification européenne. Et justement les logos et labels sont importants puisqu’ils sont identifiés par le grand public. Il connaît le logo français, "A.B;" mais sur nos bouteilles, nous indiquons également le logo européen : la feuille verte avec les étoiles.


Par Sandrine Kauffer
Crédit photos ©JulienBinz



OPABA
2 Allée de Herrlisheim - 68000 COLMAR -
www.opaba.org
Martine Becker présente ses vins BIO ©JulienBinz
Martine Becker présente ses vins BIO ©JulienBinz

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L'OPABA est l'Organisation Professionnelle de l'Agriculture Biologique en Alsace, un syndicat professionnel qui rassemble les agriculteurs biologiques et biodynamiques alsaciens. La vocation de l’OPABA est de développer une agriculture biologique de qualité ouverte à tous. Créée en 1980, l’OPABA est ouverte aux transformateurs et distributeurs de la filière biologique alsacienne. Un Conseil d’Administration de 14 agriculteurs désignés parmi les adhérents, coordonne et oriente les activités du groupement.

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