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02/05/2019

Les restaurants ont une histoire ; Yzabel Chalaye au pont de l'Ill


Dans le nouveau magazine Good Alsace (trimestriel) nous avons créée une rubrique qui s'appelle les "Restaurant ont une Histoire".
Une personnalité nous invite dans le restaurant qui a une importante dans sa vie et ses souvenirs. Dans le premier numéro paru en décembre 2018, c'est Yzabel Chalaye,qui ouvre le bal. Elle évoque son enfance heureuse. Elle partage les souvenirs de ses sorties familiales hebdomadaires, chez Pierre Daull, au restaurant Le Pont de l’Ill à La Wantzenau.
Yzabel Chalaye est celle que l’on surnomme « The voice of the gastronomie ». Elle a présenté pendant 6 ans l’émission « Les Cordons bleus » sur France Bleu Alsace. Elle anime de nombreux concours, salons et foires gastronomiques, et depuis 3 ans tient un blog culinaire « Marmite et Gourmandise ».
Yzabel ? L’orthographe vous interpelle ? « Depuis l’école primaire, les institutrices pensaient que je me trompais quand j’écrivais mon prénom et me l’ont corrigé en « Isabelle ». J’ai accepté, cela n’avait pas trop d’importance. Pourtant depuis la disparition de mes parents, j’ai envie d’écrire mon prénom, comme ils l’ont choisi. Dorénavant, je m’appelle Yzabel Chalaye ».



Pierre Daull et Yzabel Chalaye évoquent le passé
Pierre Daull et Yzabel Chalaye évoquent le passé
Les restaurants ont une histoire, si les murs avaient des oreilles, ils pourraient nous conter les joies et les peines, les déclarations et séparations, les réunions et tensions, les émotions et les souvenirs partagés par les convives attablés dans une salle de restaurant.

C’est une scène de vie, une pièce de théâtre, il se joue toujours un acte, se raconte une histoire, se déroule une tranche de vie. C’est un lieu de mémoire, qui conserve les souvenirs. Il suffit d’y revenir pour que 20 ans plus tard, ressurgissent les pensées et les êtres bien-aimés. Il n’est de manque et de douleur qu’on ne puisse consoler, il n’est de vide qu’on ne puisse combler, mais il y des endroits réconfortants, qui ont la faculté de nous replonger dans nos tendres années.

la table préférée de la famille Chalaye
la table préférée de la famille Chalaye
La table des habitués

Elle entre dans l’établissement, se dirige avec assurance vers «sa » banquette et s’installe. « C’est la même banquette, mais elle a changé de couleur, dans mes souvenirs, elle était rouge ».
Elle photographie l’environnement, s’installe dans un silence émouvant, son regard faisant escale sur chaque détail.

« J’adore cet endroit », s’exclame-t-elle. « J’ai toujours admiré les vitraux qui me font penser aux anciennes brasseries parisiennes du 19ème. Avec leurs jeux de lumière et de transparence, ils m’ont toujours fascinée par leurs couleurs flamboyantes, notamment la « belle hawaïenne ».

Betty et Gérald Chalaye et Yzabel petite..
Betty et Gérald Chalaye et Yzabel petite..
Yzabel adorait venir au Pont de l’Ill avec ses parents Betty et Gérald Chalaye. C’était une période heureuse. Elle arrivait, fière et coquette avec ses couettes. « Nous venions toutes les semaines Le pont de l’Ill était une Institution, tout le monde se connaissait ». « Nous avions notre table des habitués, celle-ci précisément », sourit-elle. « Et d’avance pratiquement, le Maitre-d’hôtel savait ce que nos allions commander. Mon plat préféré, c’était l’escalope de veau à la crème et aux champignons ».

Nous y avons fêté de nombreux événements familiaux. Je me souviens notamment des noces d’or de mes grands parents qui avaient réuni toute la grande famille au Pont de L’Ill. A l’époque, c’était un menu plutôt classique avec du foie gras en entrée. Mais, je revois très bien les profiteroles au chocolat. Mes grands parents raffolaient de ce dessert. Moi, non, j’étais une petite fille difficile et je n’aimais aucun dessert. Par contre, j’adorais cette véritable sauce au chocolat chaud qui nappait les profiteroles. Ma grand-mère avait saisi le petit cruchon et m’en avait versé dans mon assiette, sans les profiteroles. Quel régal, c’était magique ! C’était aussi au Pont de l’Ill que j’ai fêté mes 25 ans avec mes parents et mon frère.



L’endroit des grandes annonces

C’est à cette même table que j’avais annoncé à mes parents que j’avais décroché mon premier contrat à la radio France, mais à Melun. C’était en 1996, j’avais 29 ans. Je revois Maman, très fière. Elle m’a encouragée à y aller. J’ai su bien plus tard, qu’elle savait déjà pour sa maladie. Elle ne m’avait rien dit pour me laisser partir. Ce jour-là, à la table du Pont de l’Ill, mon avenir se jouait. Maman était partagée entre la joie et la tristesse.

« Maman travaillait à domicile. Elle avait ouvert un cabinet d’astrologie et de psychologie, réalisant les thèmes astraux. Elle excellait dans son domaine et elle était très aimée. Le jour de ses obsèques, la chapelle de la Robertsau n’était pas assez grande et 200 personnes étaient restées à l’extérieur, pour l’accompagner. Quand j’évoque ces souvenirs, je suis toujours émue. Elle nous a quittés le 9 juin 1998, laissant le souvenir d’une femme avec une énergie incroyable et toujours le sourire. Maman était une femme extraordinaire. Mais il était difficile d’être la fille de Betty Chalaye. Dès qu’elle s’exprimait, toute la salle faisait silence. Elle avait ce charisme incroyable. Pour me gonder, un seul regard suffisait, j’avais compris ».
« Nous habitions une petite maison, rue du stade St-Paul, non loin de l’Ill c’était à peine à 15 mn à pied. Aujourd’hui, notre maison n’existe plus, elle a été rasée, remplacée par un collectif », dit-elle avec regret.

«Mon papa avait 48 ans quand je suis née. Il était directeur de l’usine de tissu Lemmel qui a aussi fermé, devenant le club des marques puis une étude notariale. Il était grand, (1,84m) et paraissant encore plus impressionnant à coté de ma maman, toute petite (1,42m). Papa était mon héros et j’étais sa princesse. Quand j’animais la météo sur France 3 Alsace, il avait enregistré toutes les émissions. Il était tellement fier. Il avait une grande culture et une large ouverture sur le monde. Il avait aussi été le directeur du premier cinéma Gaumont à Paris, mais son rêve de vie c’était d’être violoniste ou chef d’orchestre, il était très mélomane. Il était grand épicurien et m’a fait apprécier la gastronomie. Je me rappelle un jour une initiation à la dégustation de bons whiskys quand j’avais 16 ans », évoque Yzabel en riant. « Et c’est là que j’ai connu ma première ivresse. Nous sommes restés très proches et complices, il est parti à 87 ans (en 2008). Le décès de la femme de sa vie, l’avait très affecté. Il y a quelques années encore, nous emmenions mon fils Arthur au Pont de l’Ill et papa l’emmenait voir les homards vivants chez Charly, l’écailler du restaurant, ce grand breton tatoué et charismatique ».

Petite, Yzabel commandait toujours  l’escalope de veau à la crème et aux champignons
Petite, Yzabel commandait toujours l’escalope de veau à la crème et aux champignons
Le restaurateur connaît 90% de sa clientèle. Au cours des années, il s’est établi entre eux un lien particulier, parfois intime. Il partage la joie des naissances, des mariages, et anniversaires, mais aussi les deuils et les peines. Il est le témoin des trajectoires générationnelles, de l’évolution de la courbe de vie.

« Je suis touché de vous entendre évoquer tous ces souvenirs auxquels je suis associé », reconnaît Pierre Daull. Les échanges de regards bienveillants replongent les deux protagonistes dans les années 1970-90. « Je suis également touché de vous entendre chaque jour à la radio et de vous avoir vu grandir, vous épanouir et réussir. C’est un sentiment étrange de faire partie, d’une certaine façon, de l’histoire d’une famille, mais force est de constater qu’il se crée des liens particuliers avec les clients réguliers. Dès leur arrivée, je peux ressentir si tout va bien, s’ils sont fatigués ou contrariés », souligne Pierre Daull.
« Quand la famille Chalaye arrivait, le papa m’impressionnait avec sa grande barbe blanche. Il était mon ainé, j’étais jeune restaurateur. Nous avions de très bonnes relations. Ils avaient leurs habitudes : Madame Chalaye ne voulait jamais de féculent, et très peu de sauce, toujours très light, elle faisait attention à sa ligne. Monsieur Chalaye se régalait d’un plateau de fruits de mer. Et Yzabel voulait un supplément de sauce crème champignons et jamais de dessert. On notait toujours avec soin leurs préférences. C’est leur montrer de la considération et les remercier de leur confiance et fidélité ».

Profil gastronomique

Son plat préféré : le homard grillé

Elle n’aime pas : les tripes

Sa spécialité : J’aime recevoir chez moi en mode apéro-dinatoire ; Je suis la reine des sauces que je fais maison (curry, roquefort). Je confectionne des cakes maison, des verrines avec crevettes-avocat et des plateaux de fromages et charcuterie. C’est convivial, gourmand et chacun se régale de ce qu’il aime.

Vin préféré : le clevener d’Heiligenstein, de Vincent Stoeffler à Barr

Le petit-déjeuner : depuis 6 mois je prends le temps de me préparer des pancakes à la poudre d’amande, du mascarpone et mon petit thé au jasmin.

Les régimes ? « Depuis quelques mois, j’ai complètement changé mon alimentation. Je consomme cétogène, c’est à dire moins de 20g de glucides/jour, et plus aucun fruit. Depuis j’ai une belle énergie et vitalité débordante

Plat alsacien préféré : « Sans hésiter, flamme traditionnelle nature ou alors au munster tant qu’à faire ! J’aime la déguster cuite au feu de bois à l’Homme Sauvage à Neudorf, près de chez moi, ou alors à la Fignette à Strasbourg,

Son restaurant préféré : S'Musauer Stuebel à Strasbourg chez mes amis Marco Heimlich et Christophe Fischer. « J’adore la déco, l’ambiance, l’accueil, et surtout les les st-Jacques. On fête toutes les « victoires » d’Arthur (anniversaire, diplôme) chez eux. Il commande toujours leur foie gras ».

Son chef préféré : Guillaume Gomez, chef de l’Elysée, Meilleur Ouvrier de France.
« Il est incroyable, généreux, charismatique et fédérateur. Il s’engage et soutient de nombreuses causes. J’ai eu la chance de le rencontrer à Strasbourg, sur le salon EGAST et des animations de concours. »

Le pont de l’Ill, le temple des fruits de mer

Propriétaire du Pont de l’Ill à la Wantzenau depuis 1987, Pierre Daull s’est lancé dans les poissons et fruits de mer en 2001, pour se démarquer des restaurants avoisinants, notamment celui de son frère Joseph Daull, qui tenait alors le relais de Poste 1* Michelin.

La spécialité : les plateaux de fruits de mer avec la création du cabanon du pêcheur à l’extérieur du restaurant, et son grand vivier, qui attire les curieux, avides de fragrances marines et salines. Le restaurant s’est encore agrandi. A présent, 6 espaces accueillent 240 personnes par service et 4 tonnes d’huîtres sont ouvertes par an.

Par Sandrine Kauffer-Binz
crédit photo ©Cookandshoot/Good Alsace


Reportage extrait du MAGAZINE GOOD ALSACE #1
BOUTIQUE EN LIGNE

RESTAURANT AU PONT DE L'ILL
2 Rue du Général Leclerc,
67610 La Wantzenau
03 88 96 29 44
www.aupontdelill.com/‎

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