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31/03/2020

Coronavirus-Alsace ; les aides aux entreprises HCR


Samedi 14 mars 2020, le Premier Ministre Edouard Philippe a annoncé la fermeture administrative de tous les lieux publics « non indispensables ». Pour faire face aux nombreuses questions et inquiétudes, l’UMIH 67 a tenu lundi 16 mars 2020 une réunion en direct sur internet. Emmanuel Macron a ainsi promis qu’ "aucune entreprise ne sera livrée au risque de faillite".

Autour de la table, Pierre Siegel, Vice-Président des Hôteliers-restaurateurs de Strasbourg, Christophe Weber, le directeur de l'UMIH 67, Arno Amabile chef du service économique de l’État en Région et Thomas Kapp, directeur du travail de la DIRECCTE.

En soirée, le président de la république Emmanuel Macron, le premier Ministre Edouard Philippe et le Ministre de l'Intérieur Christophe Castener ont actualisé les données et prononcé le confinement des Français. Lire le discours ci-dessous.



"Communication de crise de l'Umih 67, Table ronde avec Christophe Weber, Pierre Siegel, Arno Amabile et Thomas Kapp
"Communication de crise de l'Umih 67, Table ronde avec Christophe Weber, Pierre Siegel, Arno Amabile et Thomas Kapp
L’exercice est inédit (voir la vidéo ci-dessous) avec des questions posées en direct par les internautes. «La décision de samedi soir a des conséquences sur l'activité de nombreuses entreprises et nécessite la mise en œuvre de mesures spécifiques pour les aider à faire face ».

Voir la vidéo de la table ronde de l'Umih 67

De manière pédagogique, à l’aide de « tuto », les acteurs de la table ronde ont tenté d’apporter des précisons sur les aides et les mesures dont nous allons pouvoir bénéficier. De nombreuses réponses sont en attente de précisions.
« Nous vous abreuvons de mails et d’informations », précise PIerre Siegel. «Mais, à chaque fois, elles sont vérifiées et émanent de sources officielles. Nous notons la date et même l’heure, mais c'est toujours le dernier mail qui fait foi. »

Christophe Weber, directeur de l'Umih 67
Christophe Weber, directeur de l'Umih 67
Rien n’est simple effectivement, mais la situation est inédite et les autorités compétentes se mettent en place, s’organisent, attendent les déclarations du Premier Ministre ou du Président de la République pour établir un décret d’application et des outils dédiés.

Voici les mesures fiscales, financières et sociales annoncées : en jaune, pour attirer votre attention, les mesures fraichement réactualisées.

L’assurance va débloquer 200 millions d’euros. La Fédération française de l’assurance (FFA) a obtenu l’accord de ses adhérents pour soutenir la trésorerie des entreprises. Les plus grands adhérents en termes de parts de marché à l’instar d’Axa France, Crédit agricole Assurances, BNP Paribas Cardif, Allianz France, Generali, Covéa, Groupama devraient en être les principaux contributeurs. Les membres de la FFA s’engagent également à différer le paiement des loyers pour les PME et les TPE appartenant à l’un des secteurs dont l’activité est interrompue en application de l’arrêté du 15 mars 2020. Enfin, les assureurs sont demandeurs pour participer à la réflexion à mener sur la création d’un régime de type assurantiel destiné à intervenir en cas d’une future catastrophe sanitaire majeure.
Régimes de prévoyance et de santé les Groupes Klesia, Malakoff Humanis, OCIRP et Audiens en soutien aux salariés et entreprises de la branche HCR. Leurs adhérents seront exonérés de cotisations pour le second trimestre 2020, sachant que les cotisations du 1er trimestre ont déjà été prélevées sur les bulletins de paie des salariés depuis Janvier. La prochaine échéance est reportée au 15 octobre 2020.
• Etalement sur simple demande des charges fiscales et sociales. En fin de crise, les dégrèvements seront possibles au cas par cas, pour les entreprises les plus en difficultés selon des conditions à définir.
URSSAF, Report des échéances sans pénalité, sur simple email, Sur demande, remboursement des charges déjà versées et pas de prélèvement pour les TNS.
• Le report des échéances fiscales accordées ne comprend pas la TVA et les déclarations doivent être faites. Vous pouvez demander un report et des remises gracieuses des pénalités pourraient être accordées.
• Dans les situations les plus difficiles, des remises d’impôts directs pouvant être décidées dans le cadre d’un examen individualisé des demandes ;
• Les contrôles fiscaux en cours et à venir sont suspendus.
• Pour les banques, mise en place d’une garantie d’Etat. Il y aura pour les prêts en cours, un moratoire de 6 mois. Il n’y aura aucun problème d’accès au crédit pour les prêts à venir. Il n’y aura aucun refus des banques, sans aucun frais.
La Banque Publique d’Investissement (BPI France) garantit à hauteur de 90% (contre 40% habituellement) les prêts de renforcement de la trésorerie que les professionnels solliciteront auprès de leur banque. Le coût d’intervention de la BPI variera entre 1,5 et 2,5%. 300 milliards d’euros de prêts seront garantis. Ces prêts permettront de soulager la trésorerie des entreprises et des professionnels qui subissent le choc lié à l’urgence sanitaire. Valable jusqu'au 31 décembre 2020.Ce prêt pourra représenter jusqu’à 3 mois de chiffre d'affaires 2019, ou deux années de masse salariale pour les entreprises innovantes ou créées depuis le 1er janvier 2019. Aucun remboursement ne sera exigé la première année ; l’entreprise pourra choisir d’amortir le prêt sur une durée maximale de cinq ans.
Création d’un fonds de solidarité pour les établissements réalisant moins de 1 million € de CA pour tous les commerces dont l’activité est stoppée par décret, et pour tous établissements subissant une baisse de CA de 50%
• Le maintien de l’emploi dans les entreprises par le dispositif de chômage partiel simplifié et renforcé ;
• L’appui au traitement d’un conflit avec des clients ou fournisseurs par le médiateur des entreprises.

Questions - réponses

Qui va payer les salariés ? Quelles seront les aides pour l’employeur ?

L'Etat doit couvrir 70% du salaire brut, c'est à dire environ 84% du net, sur la base de 39 heures. L’indemnisation de l’activité partielle se fera bien sur la durée conventionnelle de travail de notre branche, 39h, mais à partir du 1er avril 2020, De nombreux adhérents se voient refuser leur demande d’indemnisation sur 169 heures depuis le début de la semaine, les DIRECCTE arguant qu’elles ne sont pas au courant. Cela est normal. En effet, les directives du Ministère du Travail doivent parvenir cette semaine aux DIRECCTE pour les déclarations du mois d’avril. En conséquence, pour le mois de mars, les adhérents doivent déclarer sur 151,67 heures, la mesure n’étant pas rétroactive.

Voir les ordonnances portant sur l’indemnisation des salariés sur la base de 39 heures]cy / semaine et les congés payés et RTT sur le site France ICI

C’est l’employeur qui doit verser les salaires. Il devrait attendre le remboursement de l’État (délai 10 jours sur demande) pour récupérer les allocations. Chaque mois les heures chômées seront déclarées sur le site. L'entreprise percevra une allocation d’activité partielle dont le montant est de 8,04€ par heure chômée pour les entreprises de 1 à 250 salariés.
A ce jour, l’Etat devrait couvrir le salaire horaire, jusqu’à 4,5 fois le SMIC € par heures chômées et la compensation devrait être à charge 0, pour 95% des salariés.

"Pour les salaires au SMIC, il est maintenu à 100%.

Pour rappel, les seules charges à acquitter sont la CSG, la CGRDS, la complémentaire santé. En Alsace-Moselle, une cotisation maladie supplémentaire est due. Son taux est fixé à 1,50 %. En revanche, elles sont assujetties à la CSG au taux 6,20 % et à la CRDS au taux de 0,50 %. Ces deux contributions sont calculées sur la base de 98,25 % de l’indemnité versée (application d’un abattement de 1,75 % pour frais professionnels). Les salariés ayant de faibles revenus peuvent bénéficier d’une exonération de la CSG et de la CRDS ou d’un taux réduit de CSG fixé à 3,80 %.

Pour les contrats à temps partiels et les apprentis, ils bénéficient du même mécanisme de l’activité

Le recours à l’activité partielle doit être obligatoirement précédé, dans les entreprises de 50 salariés et plus, de la consultation du comité social et économique (CSE). En l’absence de représentants du personnel, l’administration recommande à l’employeur d’informer ses salariés de sa décision de recourir à l’activité partielle, en précisant la durée prévisionnelle envisagée ainsi que le nombre de salariés concernés.


Qui fait la déclaration ? Et comment ?

Les employés n’ont rien à faire.
C’est le comptable de l’entreprise, s'il possède une délégation du social, ou l’entreprise qui effectue les déclarations. Elles se font uniquement sur le site de la DIRECCTE. https://activitepartielle.emploi.gouv.fr/aparts/

Le site rencontre des difficultés de connexions.
"Ne vous inquiétez pas, le site fait face à une surcharge de demandes. Les entreprises ont un délai de 30 jours pour déposer leur demande d’activité partielle avec effet rétroactif.

Les heures chômées (donc non travaillées) ouvrent droit au versement de l’allocation d’activité dans la limite de 1 000 heures par an et par salarié. Cette période d’un an s’apprécie par année civile. Vu les circonstances prendre la base de 2 mois soit 330 heures. Les variables seront de toutes façon ajustées.

L’employeur, qui n’est pas saisi par une fermeture administrative (ex hôtel, livraison à domicile) peut recourir à l’activité partielle, qui permet de réduire temporairement le temps de travail de certains de ces salariés.

Pour toute question, il est possible de s'adresser aux unités départementales de la DIRECCTE :
Pour le Bas-Rhin : 03 88 75 86 56
Pour le Haut-Rhin : 03 68 34 05 35

Quid des Travailleurs non-salariés ?
Pour les travailleurs indépendants : l’échéance mensuelle du 20 mars ne sera pas prélevée. Dans l’attente de mesures à venir, le montant de cette échéance sera lissé sur les échéances ultérieures (avril à décembre). Il y aura des délais de paiement sans majoration.
Bruno le Maire a annoncé une aide d’urgence pour les TNS qui ont perdu plus de 50 % de leur CA.
Bruno le Maire a annoncé le versement d’une allocation forfaitaire de 1 500 € pour toute la période de crise à destination des très petites entreprises, des indépendants et des micro-entrepreneurs.
Ce montant peut être relevé à un plafond de 4 500 € pour des cas spécifiques, à déterminer.
Ce fonds est alimenté par l’Etat et les régions et Bruno LEMAIRE souhaite que les grandes entreprises contribuent à la sauvegarde des plus petites.

Quid du Contrat saisonnier et promesse d’embauche ?
Pour le contrat saisonnier, il ne faut pas anticiper, le déclarer le jour de son embauche. Le contrat reste valable.
Aucune remise en cause d’une promesse d’embauche ne peut être repoussée, il fait partie de l’effectif de l’entreprise. Le président a souhaité que les emplois soient préservés au maximum. Donc un salarié qui a signé un contrat de travail, dont l’embauche est prévue durant la période de confinement ou de chômage partiel, fait partie de l’effectif en chômage partiel.

Les droits et les avantages des salariés (CP, retraite) restent maintenus.
Les contrats d’extra ne peuvent prétendre au chômage technique partiel. Ils peuvent se présenter chez pôle emploi.
Si un salarié présente un arrêt de travail pendant le chômage partiel, alors il bascule en arrêt maladie avec une prise en charge classique.

Les congés payés ?
Si l’entreprise détient un delta de congés payés 2019, elle peut l’utiliser avec un préavis logiquement d’un mois.
Les entreprises peuvent imposer 6 jours de congés payés pendant la période du chômage partiel, sous réserve de respecter un délai de prévenance qui ne peut être réduit à moins d’un jour franc. Plus d'infos ici

Le gérant salarié peut-il toucher chômage partiel ?
Si il y a un contrat de travail en tant que salarié, il y a un droit au chômage partiel
C’est en fermant que nous nous protégerons et vaincrons ensemble le coronavirus. Nos pensées s’adressent aux malades et à leurs familles et surtout au personnel soignant que nous remercions infiniment. Prenez soin de vous, soyez prudents et restez chez vous ... #solidaire #ensemble #courage
C’est en fermant que nous nous protégerons et vaincrons ensemble le coronavirus. Nos pensées s’adressent aux malades et à leurs familles et surtout au personnel soignant que nous remercions infiniment. Prenez soin de vous, soyez prudents et restez chez vous ... #solidaire #ensemble #courage

Assurance perte d’exploitation
Les assurances ne prennent pas en charge la perte d’exploitation, car elle est adossée sur des critères d’éligibilité (sinistre, incendie,…). Il s'agit en l’occurrence d'une fermeture administrative. Le sinistre pandémie et/ou sanitaire est rarement stipulé, pour ne pas dire jamais, dans le contrat. A vérifier auprès de votre assureur.

Perte liée à la valeur des marchandises
Aucune assurance. C’est l’Etat qui a provoqué cette situation, la responsabilité lui incombe. Il est conseiller de bien archiver les factures, au cas où.
Penser à la revente chez les artisans, plats à emporter et système D pour ne pas jeter.

Peut-on suspendre certaines factures ?
Emmanuel Macron avait annoncer le paiement différé pour tous, mais L'Etat vient de préciser "La suspension des factures d’eau, de gaz, d’électricité pour les petites entreprises les plus en difficulté." Il faudra faire des demandes argumentées.
Alors que l'Etat avait annoncé le différé du loyer, finalement il est précisé que le paiement du loyer (bail) est une obligation contractuelle mais aussi légale, dont le manquement est en principe sanctionné par la résiliation du contrat. C'est le juge qui tranchera au cas par ca.

Sacem : suspension du prélèvement depuis la fermeture administrative annoncée

Quid des hôtels ?
Ils ne sont pas sous le coup de la fermeture administrative.
A ce jour, les hôtels peuvent continuer à fonctionner, considérés comme un "service essentiel". Mais leur bar, restaurant, spa, sont fermés et le petit-déjeuner uniquement servi en chambre.
Emmanuel Macron a annoncé hier soir la réquisition possible de certains hôtels

Peut-on faire venir les salariés dans l’entreprise pendant la fermeture ?
Les mesures de confinement ont été prononcées.
Si par la suite elles s'allègent, il sera possible de les faire venir en entreprise pour du nettoyage, du rangement, des essais sur la carte, ou de la formation. Ils redeviennent salariés, donc il faudra réduire le nombre d’heures chômées à déclarer pour la période concernée.

Le télétravail devient la norme.
Dans le cadre de l’utilisation du télétravail favoriser les rotations entre salariés si le 100% n’est pas possible,
Pour ceux qui restent en poste, changer les comportements et adopter les règles de sécurité

La réforme de l’assurance-chômage
Les mesures applicables au 1er avril sont reportées au 1er septembre 2020.

Formation
Toutes les formations sont annulées.
Les formations e-learning sont à privilégier.


Ces infos seront réactualisées ici même dès que possible.

Par Sandrine Kauffer-Binz
Coronavirus-Alsace ; les aides aux entreprises HCR

Vidéo et Discours d'Emmanuel Macron

Françaises, Français,

Jeudi soir, je me suis adressé à vous pour évoquer la crise sanitaire que traverse notre pays. Jusqu'alors, l'épidémie était peut-être pour certains une idée lointaine, elle est devenue une réalité immédiate, pressante.

Le Gouvernement a pris, comme je vous l’avais annoncé, des dispositions fermes pour freiner la propagation du virus. Les crèches, les écoles, les collèges, les lycées, les universités sont fermées depuis ce jour. Samedi soir, les restaurants, tous les commerces non-essentiels à la vie de la Nation ont également clôt leurs portes. Les rassemblements de plus de 100 personnes ont été interdits. Jamais la France n'avait dû prendre de telles décisions - évidemment exceptionnelles, évidemment temporaires - en temps de Paix. Elles ont été prises avec ordre, préparation, sur la base de recommandations scientifiques avec un seul objectif : nous protéger face à la propagation du virus.

Dans la journée de jeudi, un consensus scientifique et politique s'est formé pour maintenir le premier tour des élections municipales et j'ai pris, avec le Premier ministre, la décision de maintenir le scrutin. Hier dimanche, les opérations de vote ont donc pu se tenir. Je veux ce soir remercier les services de l'Etat, les maires, l’ensemble des services des mairies, tous ceux qui ont tenu les bureaux de vote et qui ont donc permis l’organisation de ce scrutin. Je veux aussi saluer chaleureusement les Françaises et les Français qui, malgré le contexte, se sont rendus aux urnes, dans le strict respect des consignes sanitaires, des gestes barrières contre le virus. Je veux aussi ce soir adresser mes félicitations républicaines aux candidats élus au premier tour. Environ 30 000 communes sur 35 000 ont après ce premier tour un conseil municipal. Mais dans le même temps, alors même que les personnels soignants des services de réanimation alertaient sur la gravité de la situation, nous avons aussi vu du monde se rassembler dans les parcs, des marchés bondés, des restaurants, des bars qui n’ont pas respecté la consigne de fermeture. Comme si, au fond, la vie n’avait pas changé.

A tous ceux qui, adoptant ces comportements, ont bravé les consignes, je veux dire ce soir très clairement : non seulement vous ne vous protégez pas vous - et l’évolution récente a montré que personne n’est invulnérable y compris les plus jeunes - mais vous ne protégez pas les autres. Même si vous ne présentez aucun symptôme, vous pouvez transmettre le virus. Même si vous ne présentez aucun symptôme, vous risquez de contaminer vos amis, vos parents, vos grands-parents, de mettre en danger la santé de ceux qui vous sont chers.

Dans le Grand Est, dans les Hauts-de-France, en Île-de-France, nos soignants se battent pour sauver des vies, avec dévouement, avec force. Au moment où la situation sanitaire se dégrade fortement, où la pression sur nos hôpitaux et nos soignants s’accentue, tout notre engagement, toute notre énergie, toute notre force, doivent se concentrer sur un seul objectif : ralentir la progression du virus.

Je vous le redis avec force ce soir : respectons les gestes barrières, les consignes sanitaires. C'est le seul moyen de protéger les personnes vulnérables, d'avoir moins de concitoyens infectés et ainsi de réduire la pression sur les services de réanimation pour qu'ils puissent mieux accueillir, mieux soigner.

Sans signe grave, contactons notre médecin traitant. N’appelons le Samu et ne nous rendons à l’hôpital qu’en cas de forte fièvre, de difficulté à respirer, sans quoi, ils ne pourront faire face à la vague de cas graves qui déjà se profile dans certaines régions.

Faisons preuve au fond d’esprit solidaire et de sens des responsabilités. Chacun d’entre nous doit à tout prix limiter le nombre de personnes avec qui il est en contact chaque jour. Les scientifiques le disent, c’est la priorité absolue. C'est pourquoi, après avoir consulté, écouté les experts, le terrain et en conscience, j'ai décidé de renforcer encore les mesures pour réduire nos déplacements et nos contacts au strict nécessaire. Dès demain midi et pour 15 jours au moins, nos déplacements seront très fortement réduits.

Cela signifie que les regroupements extérieurs, les réunions familiales ou amicales ne seront plus permises. Se promener, retrouver ses amis dans le parc, dans la rue, ne sera plus possible. Il s'agit de limiter au maximum ces contacts au-delà du foyer. Partout sur le territoire français, en métropole comme Outre-mer, seuls doivent demeurer les trajets nécessaires, nécessaires pour aller faire ses courses avec de la discipline et en mettant les distances d'au moins un mètre, en ne serrant pas la main, en ne s'embrassant pas, les trajets nécessaires pour se soigner, évidemment, les trajets nécessaires pour aller travailler si le travail à distance n'est pas possible et les trajets nécessaires pour faire un peu d'activité physique mais sans retrouver, là encore, des amis ou des proches. Toutes les entreprises doivent s'organiser pour faciliter le travail à distance, et quand cela ne sera pas possible, elles devront adapter dès demain leur organisation pour faire respecter ces gestes barrières contre le virus, c'est à dire protéger leurs salariés, ou, quand il s'agit d'indépendants, se protéger eux-mêmes. Le Gouvernement précisera les modalités de ces nouvelles règles dès ce soir, après mon allocution. Toute infraction à ces règles sera sanctionnée. Je vous le dis avec beaucoup de solennité ce soir, écoutons les soignants, qui nous disent : si vous voulez nous aider, il faut rester chez vous et limiter les contacts. C'est le plus important. Evidemment, ce soir, je pose des règles nouvelles, nous posons des interdits, il y aura des contrôles. Mais la meilleure règle, c'est celle qu'en tant que citoyen, vous vous appliquez à vous-mêmes. Une fois encore, j'en appelle à votre sens des responsabilités et de la solidarité.

Dans ce contexte, après avoir consulté le Président du Sénat, le Président de l'Assemblée nationale mais également mes prédécesseurs, j'ai décidé que le second tour des élections municipales serait reporté. Le Premier ministre en a informé aujourd'hui même les chefs de parti représentés au Parlement. Cette décision a fait l'objet d'un accord unanime.

Mes chers compatriotes, je mesure l'impact de toutes ces décisions sur vos vies. Renoncer à voir ses proches, c'est un déchirement ; stopper ses activités quotidiennes, ses habitudes, c'est très difficile. Cela ne doit pas nous empêcher de garder le lien, d'appeler nos proches, de donner des nouvelles, d'organiser aussi les choses avec nos voisins, d'inventer de nouvelles solidarités entre générations, de rester, comme je vous l'ai dit jeudi dernier, profondément solidaires et d'innover là aussi sur ce point. Je sais que je vous demande de rester chez vous. Je vous demande aussi de garder le calme dans ce contexte. J'ai vu, ces dernières heures, des phénomènes de panique en tout sens. Nous devons tous avoir l'esprit de responsabilité. Il ne faut pas que les fausses informations circulent à tout va. En restant chez vous, occupez-vous des proches qui sont dans votre appartement, dans votre maison. Donnez des nouvelles, prenez des nouvelles. Lisez, retrouvez aussi ce sens de l'essentiel. Je pense que c'est important dans les moments que nous vivons. La culture, l'éducation, le sens des choses est important. Et évitez l'esprit de panique, de croire dans toutes les fausses rumeurs, les demi-experts ou les faux-sachants. La parole est claire, l'information est transparente et nous continuerons de la donner. Mais croyez-moi, cet effort que je vous demande, je sais qu'il est inédit mais les circonstances nous y obligent.

Nous sommes en guerre, en guerre sanitaire, certes : nous ne luttons ni contre une armée, ni contre une autre Nation. Mais l'ennemi est là, invisible, insaisissable, qui progresse. Et cela requiert notre mobilisation générale.

Nous sommes en guerre. Toute l'action du Gouvernement et du Parlement doit être désormais tournée vers le combat contre l'épidémie. De jour comme de nuit, rien ne doit nous en divertir. C'est pourquoi, j'ai décidé que toutes les réformes en cours seraient suspendues, à commencer par la réforme des retraites. Dès mardi, en Conseil des ministres, sera présenté un projet de loi permettant au gouvernement de répondre à l’urgence et, lorsque nécessaire, de légiférer par ordonnances dans les domaines relevant strictement de la gestion de crise. Ce projet sera soumis au Parlement dès jeudi.
J’ai vu tout à l’heure les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat afin que ces textes soient votés le plus rapidement possible, afin aussi que la vie démocratique et le contrôle du Parlement continue dans cette période. Je les en remercie et je remercie tous nos parlementaires en cet instant.

Nous sommes en guerre. J’appelle tous les acteurs politiques, économiques, sociaux, associatifs, tous les Français à s’inscrire dans cette union nationale qui a permis à notre pays de surmonter tant de crises par le passé.

Nous sommes en guerre. La Nation soutiendra ses enfants qui, personnels soignants en ville, à l’hôpital, se trouvent en première ligne dans un combat qui va leur demander énergie, détermination, solidarité. Ils ont des droits sur nous. Nous leur devons évidemment les moyens, la protection. Nous serons là. Nous leur devons des masques, du gel, tout le matériel nécessaire et nous y veillons et veillerons. Nous avons décidé avec les scientifiques de réserver les masques en priorité pour l’hôpital et pour la médecine de ville et de campagne, en particulier les généralistes, les infirmières désormais en première ligne aussi dans la gestion de la crise. Des masques seront livrés dans les pharmacies dès demain soir dans les 25 départements les plus touchés. Mercredi pour le reste du territoire national. J'ai aussi entendu le message des spécialistes, en particulier des chirurgiens-dentistes et beaucoup d'autres. Des solutions seront trouvées avec le Ministre de la Santé dans les prochaines heures.

Nous devons aussi aux soignants la garde de leurs enfants : un service minimum de garde est en place depuis ce jour dans les crèches et dans les écoles. Nous leur devons aussi sérénité dans leurs déplacements et repos. C'est pourquoi j'ai décidé que, dès demain, les taxis et les hôtels pourront être mobilisés à leur profit. L'Etat paiera.

Nous sommes en guerre, oui. Le pays accompagnera dans cette période les régions les plus touchées aujourd'hui comme celles qui le seront demain. A ce titre, je veux assurer les habitants et les personnels soignants du Grand Est que nous serons au rendez-vous pour les appuyer face à l'afflux de patients et à la saturation des hôpitaux. Je sais ce qu'ils vivent depuis des jours et des jours, nous sommes avec eux. J'ai décidé pour cela qu'un hôpital de campagne du service de santé des armées serait déployé dans les jours à venir en Alsace. Les armées apporteront aussi leur concours pour déplacer les malades des régions les plus affectées et ainsi réduire la congestion des hôpitaux de certains territoires.

Nous sommes en guerre. Comme je vous l'ai dit jeudi, pour nous protéger et contenir la dissémination du virus mais aussi préserver nos systèmes de soins, nous avons pris ce matin entre Européens une décision commune. Dès demain midi, les frontières à l'entrée de l'Union européenne et de l'espace Schengen seront fermées. Concrètement, tous les voyages entre les pays non-européens et l'Union européenne seront suspendus pendant 30 jours. Les Françaises et les Français qui sont actuellement à l'étranger et souhaitent rentrer pourront bien entendu rejoindre leur pays.
Nous devons prendre cette décision parce que je vous demande ce soir d'importants efforts et que nous devons, dans la durée, nous protéger. Je veux dire à tous nos compatriotes qui vivent à l'étranger que là aussi, en bon ordre, ils doivent se rapprocher des ambassades et consulats et que nous organiserons, pour celles et ceux qui le souhaitent et là où c'est nécessaire, leur rapatriement. Vous l'aurez compris, vous le pressentiez, cette crise sanitaire sans précédent aura des conséquences humaines, sociales et économiques majeures. C’est aussi ce défi que nous devons mener.

Je vous demande des sacrifices pour ralentir l’épidémie. Jamais ils ne doivent mettre en cause l’aide aux plus fragiles, la pérennité d’une entreprise, les moyens de subsistance des salariés comme des indépendants. Pour les plus précaires, pour les plus démunis, pour les personnes isolées, nous ferons en sorte, avec les grandes associations, avec aussi les collectivités locales et leurs services, qu’ils puissent être nourris, protégés, que les services que nous leur devons soient assurés.

Pour la vie économique, pour ce qui concerne la France, aucune entreprise, quelle que soit sa taille, ne sera livrée au risque de faillite. Aucune Française, aucun Français, ne sera laissé sans ressources.

S’agissant des entreprises, nous mettons en place un dispositif exceptionnel de report de charges fiscales et sociales, de soutien au report d’échéances bancaires et de garanties de l’Etat à hauteur de 300 milliards d’euros pour tous les prêts bancaires contractés auprès des banques. Pour les plus petites d’entre elles et tant que la situation durera, celles qui font face à des difficultés n’auront rien à débourser, ni pour les impôts, ni pour les cotisations sociales. Les factures d’eau, de gaz ou d’électricité ainsi que les loyers devront être suspendus.

En outre, afin que personne ne soit laissé sans ressources, pour les salariés, le dispositif de chômage partiel sera massivement élargi, comme je vous l’avais annoncé jeudi dernier et comme le Gouvernement a commencé à le préciser. Pour les entrepreneurs, commerçants, artisans, un fonds de solidarité sera créé, abondé par l'Etat, et auquel le Premier ministre proposera aux régions aussi de contribuer. Le Gouvernement, dès demain, précisera toutes ces mesures. Elles seront en fonction des besoins, des réalités économiques, des nécessités secteur par secteur, évidemment adaptées. Nous serons au rendez-vous pour que notre économie soit préservée dans cette période si dure et pour que l'ensemble des travailleuses et des travailleurs puissent avoir cette sécurité aussi en termes de pouvoir d'achat, de continuité de leur vie.

Mes chers compatriotes, la France vit un moment très difficile. Nul ne peut en prévoir précisément la durée. À mesure que les jours suivront les jours, que les problèmes succéderont aux problèmes, il faudra, en lien avec les éclairages donnés par les scientifiques, des expériences de terrain, il faudra nous adapter. Nous allons continuer aussi, pendant cette période, de travailler et de progresser sur les traitements.
Je sais le dévouement de plusieurs équipes partout sur notre territoire avec les premiers espoirs qui naissent, et nous continuerons aussi d'avancer sur le vaccin. Régulièrement, je m'adresserai à vous. Je vous dirai à chaque fois, comme je l'ai fait, comme le Gouvernement le fait, la vérité sur l'évolution de la situation.

J'ai une certitude : plus nous agirons ensemble et vite, plus nous surmonterons cette épreuve. Plus nous agirons en citoyens, plus nous ferons preuve de la même force d'âme, de la même abnégation patriote que démontrent aujourd'hui nos personnels soignants, nos sapeurs-pompiers, l'ensemble des acteurs de la sécurité civile, plus vite nous sortirons de cette vie au ralenti. Nous y arriverons, mes chers compatriotes, en étant unis, solidaires. Je vous demande d'être responsables tous ensemble et de ne céder à aucune panique, d'accepter ces contraintes, de les porter, de les expliquer, de vous les appliquer à vous-mêmes, nous nous les appliquerons tous, il n'y aura pas de passe-droit, mais, là aussi, de ne céder ni à la panique, ni au désordre. Nous gagnerons, mais cette période nous aura beaucoup appris. Beaucoup de certitudes, de convictions sont balayées, seront remises en cause. Beaucoup de choses que nous pensions impossibles adviennent. Ne nous laissons pas impressionner. Agissons avec force mais retenons cela : le jour d’après, quand nous aurons gagné, ce ne sera pas un retour au jour d’avant. Nous serons plus forts moralement, nous aurons appris et je saurai aussi avec vous en tirer toutes les conséquences, toutes les conséquences.

Hissons-nous individuellement et collectivement à la hauteur du moment.

Je sais mes chers compatriotes pouvoir compter sur vous.

Vive la République, vive la France !

Vidéo et Discours de Christophe Castaner

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a précisé les mesures de confinement annoncées par le président Emmanuel Macron.

Confinement et déplacement autorisés
Les personnes qui circuleront devront être « en mesure de justifier leur déplacement ».
Chaque déplacement doit fait l'objet d'une inscription sur le site officiel avec impression de l'autorisation.
https://www.interieur.gouv.fr/

" Chaque personne devra se munir d'un document attestant sur l'honneur [...] la nature de son déplacement, sa destination et ses raisons ».
Concernant les déplacements pour le travail, le ministre précise que si les déplacements pour se rendre sur son lieu de travail sont bien autorisés, le gouvernement appelle fortement à prioriser le télétravail. Il sera aussi autorisé de se déplacer pour faire ses achats de première nécessité, se rendre chez le médecin, se déplacer pour une garde de ses enfants ou encore faire de l’exercice physique uniquement à titre individuel.

Il faut les imiter au maximum, ne pas faire des courses alimentaires tous les jours, ni se rendre à la pharmacie chaque jour.
Si le télétravail n'est pas possible, une attestation de l'employeur sera exigée pour le justifier.

Des contrôles seront effectués. Les amendes pourront aller de 38 à 135 € en cas de déplacement non-justifié.
Pour l'application de cette mesure, 100 000 policiers et gendarmes mobilisés pour le confinement en France

Le déploiement de l'armée en Alsace.
“Nous sommes en guerre, en guerre sanitaire." a déclaré Emmanuel Macron pour annoncer de nouvelles mesures restrictives face à la crise du coronavirus.
Un hôpital miliaire est réquisitionné et va s'installer en Alsace. L'armée sera mobilisée
Le président de la région Grand Est Jean Rottner, s’en est réjoui, estimant que cela répondait à une vraie nécessité et soulageait les équipes soignantes.
Les armées "apporteront aussi leur concours pour déplacer les malades des régions les plus affectées", a précisé le président de la République. Olivier Véran, a annoncé le probable mise en place d’un "train sanitaire".


Les frontières de l'espace Schengen se ferment

Hier dans la journée, un barrage policier filtrait sur le Pont de Kehl, n'autorisant le passage qu'aux travailleurs-frontaliers. Les mesures se sont précisées. Les frontières de l'espace Schengen se ferment. "Il ne s'agit pas pour nous de procéder à une fermeture totale des frontières. Il s'agit de limiter les échanges au strict nécessaire. C'est cohérent avec les mesures de confinement que nous prenons", a insisté Christophe Castaner.

Coronavirus-Alsace ; les aides aux entreprises HCR


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